Une poussée inflationniste imminente ?

Share on facebook
Share on linkedin
Share on twitter
Share on google
Share on print
Share on email

Les anticipations d’inflation sont en hausse. Nous examinons dans cet article comment les gérants de certaines stratégies de BNY Mellon Investment Management se préparent face à l’impact éventuel d’une poussée inflationniste sur leurs portefeuilles.

L’inflation européenne a connu une flambée soudaine au cours des premiers mois de 2021, passant de -0,3% en décembre à 0,9% en janvier, et elle pourrait atteindre une moyenne de 1,5% cette année [1]

Si la Banque centrale européenne (BCE) anticipe une importante volatilité de l’inflation au cours des prochains trimestres, les autorités monétaires sont convaincues que les pressions sous-jacentes sur les prix devraient rester modérées à moyen terme en raison de la demande atone. Les projections macroéconomiques de la BCE pour la zone euro attribuent la récente poussée inflationniste à certains facteurs ponctuels, notamment la hausse des prix du pétrole et la fin de la réduction temporaire du taux de TVA en Allemagne.

Selon les gérants de la stratégie Sustainable Euro Corporate Bond d’Insight, l’inflation découle de la reprise économique et de la forte croissance, qui profitent également aux entreprises sous-jacentes.

Par conséquent, ils sont d’avis que les spreads de crédit ne devraient pas nécessairement se contracter. « Les attentes en matière d’inflation et le thème de la hausse des taux sont plus importants aux États-Unis ; la BCE poursuivra son programme d’achats d’actifs et soutiendra les obligations d’entreprises en euros. Par ailleurs, l’augmentation des rendements sur fond de hausse des taux peut offrir aux nouveaux investisseurs une opportunité intéressante pour entrer dans la classe d’actifs et ainsi améliorer la dynamique de l’offre et de la demande ».

En ce qui concerne l’aspect durable de la stratégie, il convient de noter que les obligations d’impact impliquent généralement un horizon d’investissement plus long que les titres d’entreprises plus traditionnels. Les gestionnaires tablent par conséquent sur une volatilité plus faible dans ce segment du marché.

Cette période de détention étendue devrait également contrebalancer dans une certaine mesure la menace inflationniste au sein de la stratégie Long Term Global Equity (LTGE) de Walter Scott. Si l’idée de pouvoir mettre tout un portefeuille d’actions « à l’abri de l’inflation » semble chimérique, l’équipe d’investissement du LTGE affirme que sur le long terme les actions affichent un solide historique de génération de rendements réels (corrigés de l’inflation).

Selon les gérants : « Nous ne positionnons pas nos portefeuilles en prévision de changements macroéconomiques ou en réaction à ceux-ci. Toutefois, ici et là, les observateurs tablent de plus en plus sur une reprise économique rapide après la pandémie qui, combinée aux mesures de relance budgétaire et monétaire en cours, ouvrirait la voie à une période d’inflation soutenue, la récente flambée des prix des matières premières étant considérée comme un signe avant-coureur d’une telle évolution. Le temps nous dira si nous nous trouvons au début d’une hausse systémique des pressions inflationnistes ou s’il s’agit d’un phénomène à plus court terme découlant des déséquilibres de l’offre et de la demande induits par le Covid-19. »

L’inflation ayant généralement un impact différent en fonction des entreprises, des secteurs et des pays, un portefeuille bien diversifié peut contribuer à atténuer son impact global, notent-ils. Et n’oublions pas le rôle que peut jouer la sélection de titres. Pour l’équipe LTGE : « Les entreprises qui occupent une position dominante sur le marché et qui disposent d’un véritable pouvoir de fixation des prix seront par exemple en mesure de compenser la hausse des coûts en la répercutant sur leurs clients. Les modèles d’entreprise dotés d’une structure d’actifs légère et bénéficiant de faibles coûts de production seront moins affectés par la hausse des prix, tandis que des bilans et des marges bénéficiaires solides peuvent permettre d’amortir les augmentations de coûts. Il s’agit là des caractéristiques que nous recherchons dans les entreprises, et ce quelles que soient les perspectives d’inflation. »

En ce qui concerne les implications de l’augmentation de l’inflation sur les portefeuilles multi-assets, l’équipe d’investissement Real Return de Newton¹ estime qu’une approche réfléchie de la gestion du risque d’un portefeuille est indispensable dans un environnement de hausse des rendements. L’équipe affirme : « Nous avons pris des mesures pour réduire notre exposition aux emprunts d’État des marchés développés ainsi qu’à l’or, deux classes d’actifs susceptibles d’être pénalisées par l’évolution de l’environnement. Les stratégies longues en termes de volatilité qui présentent un profil de rendement asymétrique offrent une meilleure protection dans ce contexte, et peuvent rendre les coûts de couverture abordables si elles sont correctement structurées. »

L’équipe Real Return a également orienté le volet actions de la stratégie en faveur des valeurs cycliques, qui sont les plus susceptibles de bénéficier de la reprise économique en cours selon les gérants de Newton.

Ils notent également que « la croissance économique des marchés développés connaîtra une accélération plus rapide que celle des marchés en développement en raison du rythme de déploiement des vaccins. »

« Le danger est que, tout comme en 1994, la Fed accuse une ‘longueur de retard’, en réduisant progressivement des niveaux sans précédent de mesures de relance monétaire extraordinaires ou en ajustant les taux d’intérêt juste au moment où l’inflation revient », estime-t-il.

« Si nous arrivons en milieu d’année et que nous constatons une reprise économique généralisée avec des niveaux d’inflation de 2% ou plus, je pense que tous les yeux se tourneront vers une éventuelle intervention des banques centrales au niveau des taux d’intérêt. Si leur réaction est trop lente, nous pourrions assister à de nouvelles pressions sur les actifs risqués, à un chancellement des marchés d’actions et, par conséquent, à une baisse des rendements obligataires », ajoute-t-il.

¹ Prévisions de taux d’inflation HICP de la BCE. 12 mars 2021.

Les gestionnaires sont désignés par BNY Mellon Investment Management EMEA Limited (« BNYMIM EMEA »), BNY Mellon Fund Managers Limited (« BNYMFM ») et BNY Mellon Fund Management (Luxembourg) S.A. (« BNY MFML ») ou les sociétés de gestion de fonds affiliées en vue d’assurer la gestion de portefeuille au titre des contrats portant sur les produits et services souscrits par les clients auprès de BNYMIM EMEA, BNY MFML ou des fonds BNY Mellon.

La valeur des investissements est susceptible de décroître. Les investisseurs peuvent ne pas récupérer le montant investi. Les revenus des investissements peuvent évoluer et ne sont en aucun cas garantis.

353930 – Date d’expiration : 31 mai 2021

Publications récentes