Vers l’investissement inclusif

Notre recherche mondiale innovante révèle pourquoi l’investissement des femmes est important.

Vers l’investissement inclusif

Pourquoi l'investissement des femmes est important

Nous avons entrepris d’explorer certains des principaux facteurs à l’origine de l’écart persistant entre les hommes et les femmes en matière d’investissement, du point de vue de ceux qui investissent actuellement, de ceux qui n’investissent pas et du secteur de l’investissement lui-même.
Dans 16 marchés1
gérant près de 60 000 milliards de dollars d’actifs2
Nous avons demandé l’avis de 8 000 femmes et hommes
et 100 sociétés de gestion
across 16 markets
managing $60 trillion in assets
Nous avons demandé l’avis de 8,000 femmes et hommes
Dans 16 marchés1
et 100 sociétés de gestion
gérant près de 60 000 milliards de dollars d’actifs2
Ce rapport explore l’investissement inclusif et les avantages d’un plus grand nombre de femmes investissant. Bien que cette question soit sous les feux de la rampe depuis des décennies, les femmes sont toujours moins susceptibles d’investir, ce qui aggrave les désavantages financiers et limite l’influence collective des femmes sur le comportement des entreprises et sur le monde entier.
Cette étude explore l’inclusion en matière d’investissement et les avantages de la féminisation de l’investissement. Bien que ce thème soit évoqué depuis des décennies, les femmes sont toujours moins susceptibles d’investir, ce qui ne fait qu’aggraver d’autres désavantages financiers et limite leur influence collective sur le comportement des entreprises et le monde en général.

Si les femmes investissaient au même rythme que les hommes, cela représenterait une puissance de feu supplémentaire d’au moins :

0 milliards de dollars
0 milliards de dollars
d’actifs sous gestion provenant de particuliers aujourd’hui
de capitaux supplémentaires dans l’investissement responsable
Investissement Responsable animation
  • Investissement Responsable
    1 870 milliards $
  • PIB du Royaume-Uni
    2708 milliards $
  • Potentiel
    3 220 milliards $

Nous avons constaté que si les femmes investissaient au même rythme que les hommes, il y aurait aujourd’hui au moins 3 220 milliards3 de dollars supplémentaires d’actifs sous gestion de la part de particuliers. Plus important encore, nos recherches révèlent également que les femmes sont plus susceptibles de faire des investissements ayant un impact social et environnemental positif, ce qui signifie qu’il y aurait un afflux de 1 870 milliards4 de dollars de capitaux supplémentaires dans l’investissement responsable si les femmes investissaient au même rythme que les hommes.

La valeur des investissements est susceptible de décroître. Les investisseurs peuvent ne pas récupérer le montant investi.

Trois principaux obstacles à une participation plus élevée des femmes à l’investissement :

1.
Crise de
l’engagement

Au niveau mondial, à peine 28% des femmes se sentent en confiance pour investir une partie de leur argent

2.
L'obstacle
du revenu

En moyenne et au niveau mondial, les femmes pensent qu’elles ont besoin de 4 092 dollars de revenu disponible chaque mois – 50 000 dollars par an avant de pouvoir commencer à invstir une partie de leur argent.

3.
Le mythe
du risque élevé

Brief-5
Près de la moitié des femmes (45%) disent qu’investir leur argent sur les marchés boursiers directement ou au travers d’un fonds est trop risqué pour elle. Seules 9% des femmes indiquent avoir un niveau élevé ou très élevé de tolérance au risque lorsqu’il s’agit d’investir; 49% un niveau modéré et 42% un niveau faible.
Les femmes se sentent généralement moins en confiance pour prendre des décisions d’investissement que des décisions liées à l’épargne, l’immobilier ou la retraite. Dans notre étude, nous étudions les raisons pour lesquelles les femmes ne sont pas plus nombreuses à investir et comment le secteur de l’investissement peut évoluer pour soutenir un investissement plus inclusif.
Nous voulons promouvoir le pouvoir de l’investissement – notamment celui des femmes – afin de démontrer que l’inclusion et la diversité sont importantes et qu’il faut agir sans attendre.
Hanneke Smits CEO
BNY Mellon Investment Management
Pour mieux comprendre pourquoi les femmes n’investissent pas au même rythme que les hommes, et analyser ce que notre secteur peut faire pour augmenter le niveau de la participation féminine, nous avons interrogé 8 000 hommes et femmes dans le monde entier.

Notre étude révèle que le secteur de l’investissement doit surmonter trois obstacles majeurs pour encourager davantage de femmes à investir :
28 %
10 %
  • Investisseuses avisées
  • Susceptibles d’investir
  • Toutes les femmes

Le secteur de l'investissement ne parvient pas à atteindre, à séduire et à dialoguer avec les femmes au même degré qu’avec les hommes. À l'échelle mondiale, seule une femme sur dix pense comprendre parfaitement les enjeux de l'investissement, et moins d'un tiers des femmes (28%) sont prêtes à investir leur propre argent.

Le fait que si peu de femmes se montrent prêtes à investir souligne le besoin urgent d’une meilleure communication et d’un dialogue plus efficace. Parmi les principaux aspects de la prise de décision financière, l’investissement est le domaine dans lequel les femmes se sentent le moins à l’aise, comparé aux décisions concernant l’épargne, l’immobilier ou la retraite.

Carte de la confiance des femmes envers l’investissement

Carte
Analyse
24% Canada
41% É.-U.
46% Brésil
25% Pays nordiques
25% Allemagne
27% R.-U.
47% Inde
32% Chine
26% Hong Kong
15% Japon
27% Australie
22% Singapour
20% France
23% Espagne
18% Suisse
18% Italie
Swipe pour en voir plus

Pour surmonter ce problème, nous devons rapprocher l’investissement des femmes et non nous contenter d’attendre qu’elles s’y intéressent. Nous devons engager le dialogue, nous devons intéresser et nous devons être accessibles.

Holly Mackay
Expert financière britannique, fondatrice et directrice générale de “Boring Money”

Hausse de la confiance parmi les jeunes femmes des marchés émergents

Loin d’être uniforme à travers le monde, le manque de dialogue varie considérablement d’un pays à l’autre. Au Japon, par exemple, seulement 15% des femmes se sentent en confiance pour investir leur propre argent, contre un chiffre trois fois supérieur en Inde (47%) et au Brésil (46%).

Une telle disparité dans les niveaux de confiance est potentiellement due à la démographie de ces marchés. En Inde et au Brésil, la population est relativement jeune, et nos données suggèrent que les jeunes femmes sont plus familières de l’investissement : 60% des femmes âgées de 18 à 30 ans, par exemple, sont ouvertes à l’idée d’investir ou ont investi dans le passé, contre 45% des femmes de plus de 50 ans.

En outre, les différents niveaux de dialogue et d’éducation peuvent jouer un rôle. En Inde – où les niveaux de confiance sont les plus élevés –, nos données montrent qu’on discute plus fréquemment d’investissement. Ainsi, la moitié des Indiennes interrogées dans le cadre de notre étude déclarent que leurs parents leur ont appris à investir, contre une moyenne de seulement 32% des femmes dans l’ensemble des marchés et à peine 12% des femmes au Japon, où les niveaux de confiance en matière d’investissement sont les plus faibles.

Dans certains pays, l'investissement fait partie de la culture et fait l’objet de discussions ouvertes entre amis et en famille, si bien que les femmes se sentent plus à l’aise et confiantes dans leurs capacités à investir. En Inde, les femmes sont relativement plus nombreuses à investir, car l’investissement y est perçu comme un moyen d’assurer l’avenir de leur famille.

Farmida Bi
Directrice pour l’Europe de la finance islamique et responsable de la région EMEA chez Norton Rose Fulbright

En moyenne, à l’échelle mondiale, les femmes pensent qu’elles ont besoin de 4 092 dollars de revenu disponible chaque mois – presque 50 000 dollars par an – avant d’envisager d’en investir une partie. Aux États-Unis, les femmes pensent en moyenne qu’elles ont besoin de plus de 6 000 dollars de revenu disponible mensuel – soit un peu plus de 72 000 dollars par an – avant de pouvoir commencer à investir.

Cette approche ne semble pas très réaliste, surtout si l’on considère que plus d’un quart des femmes (27%) décrivent leur situation financière comme compliquée, voire très compliquée. Le secteur de l’investissement devrait donc s’attacher à dissiper cette idée fausse et à expliquer que seule une petite somme d’argent est nécessaire pour commencer à investir.

Au Royaume-Uni, la limite annuelle d’exonération des cotisations pour le compte épargne individuel, qui peut être placé dans des actions et des parts, s’élève à 20 000 GBP5 [27 550 USD]6. Plutôt qu’un plafond, beaucoup de gens semblaient penser qu’il s’agissait là d’un montant minimal ou à atteindre.

Gemma Godfrey
Gemma Godfrey, administratrice non exécutive et entrepreneuse

Montant moyen de revenu mensuel disponible que les femmes jugent nécessaire pour commencer à investir

Mensuel
Annuel

Surmonter l’obstacle du revenu

Contrairement à la croyance très répandue selon laquelle il est nécessaire de disposer d’économies élevées pour commencer à investir, prendre l’habitude d’investir un petit montant chaque mois peut vraiment rapporter au fil du temps. Par exemple, un investisseur ayant commencé à investir 30 dollars par mois sur l’indice S&P 500 il y a dix ans verra son portefeuille atteindre plus de 8 000 dollars aujourd’hui, dont moins de la moitié sera constituée de fonds qu’il aura lui-même apportés7
9 %
  • Femmes ayant un niveau de tolérance au risque élevé ou très élevé
Si l’investissement offre un potentiel de rendement – et permet éventuellement de protéger le capital contre l’effet d’érosion lié à l’inflation –, il existe certes un risque de perte en capital. Cependant, les perceptions erronées du niveau de ce risque dissuadent les femmes d’investir. Le secteur doit donc s’efforcer de mieux communiquer sur les risques et les avantages des investissements. En insistant sur les opportunités potentielles perdues du fait de l’absence d’investissement, il doit tenter d’amener les femmes à participer à un dialogue honnête et précis sur le sujet. Par exemple, 45% des femmes déclarent qu’investir sur le marché boursier – que ce soit directement ou par le biais d’un fonds – est trop risqué pour elles. Seules 9% d’entre elles affichent un niveau de tolérance au risque élevé ou très élevé en matière d’investissement. Près de la moitié des femmes (49%) ont une tolérance au risque modérée, et 42% une faible tolérance au risque.

Investir comporte effectivement un risque, cela est évident, mais l’idée selon laquelle l’investissement doit toujours être assorti d’enjeux extrêmement élevés est fausse. Par ailleurs, laisser son argent sur un compte épargne n’est pas non plus complètement dénué de risque. En effet, pendant une période de taux bas, l’argent qui reste sur un compte épargne subit une baisse du pouvoir d’achat* à long terme, car il reste en deçà de l’inflation

Iona Bain
Experte financière britannique, journaliste, podcasteuse et autrice de « Own It! How Our Generation Can Invest Our Way to a Better Future »

Le pouvoir d’achat correspond à la quantité de biens et de services qu’un dollar ou une autre unité monétaire peut permettre d’acheter. En cas d’inflation, le pouvoir d’achat diminue, si bien que l’on peut acheter moins de choses avec la même quantité d’argent. Par exemple, avec cinq dollars, on pouvait acheter dix cafés il y a vingt ans, mais seulement deux aujourd’hui.

Qu’est-ce qui pourrait donc inciter davantage de femmes à investir ? Notre étude montre que les femmes du monde entier sont motivées par l’impact potentiel de leurs investissements. Plus de la moitié des femmes (55%), par exemple, investiraient (ou investiraient davantage) si l’impact de l’investissement correspondait à leurs valeurs personnelles, et 53% investiraient (ou investiraient davantage) si le fonds d’investissement concerné affichait un objectif positif clairement identifié. Deux tiers des femmes qui investissent actuellement (66%) cherchent à investir dans des entreprises qu’elles apprécient et qui soutiennent leurs valeurs personnelles.

Cette volonté d’aligner les investissements sur les valeurs semble être plus forte chez ceux qui ont des enfants : trois quarts des parents – femmes et hommes – qui investissent actuellement disent préférer investir dans des entreprises qui soutiennent leurs valeurs personnelles, contre 59% des adultes qui n’ont pas d’enfants.

Naturellement, les femmes veulent obtenir un retour sur leur investissement, mais elles veulent aussi savoir quel impact a leur argent. En investissant pour le futur, qu’il s’agisse d'assurer leur propre sécurité financière ou l’avenir de la planète, les femmes peuvent acquérir une plus grande autonomie.

Holly Mackay
Experte financière britannique, fondatrice et directrice générale de “Boring Money”
66 %
  • Femmes qui investissent actuellement dans des entreprises qu’elles apprécient et qui soutiennent leurs valeurs personnelles.

Au-delà du rendement financier

L’investissement responsable (IR) vise à investir pour un meilleur avenir ; un avenir plus durable, plus divers et plus équitable. L’investissement responsable couvre un éventail de styles d’investissement variés, comme l’application de filtres d’exclusion, l’intégration de critères ESG, l’investissement durable et l’investissement d’impact. L’intégration de critères ESG correspond à l’intégration systématique et explicite des facteurs ESG à l’analyse financière et aux décisions d’investissement afin de mieux gérer les risques et d’améliorer la performance. L’investissement d’impact va plus loin que l’investissement selon les critères ESG. En effet, il s’agit ici d’investir dans le double objectif de générer un impact positif, mesurable et prévu sur la société ou l’environnement tout en dégageant un rendement financier.
Mesurer l’impact des investissements peut s’avérer difficile et il n’existe pas de moyen unique de procéder, d’autant que l’on peut envisager l’investissement responsable et ses mécanismes de nombreuses manières différentes, allant de l’exclusion pure et simple des investissements néfastes à la sélection active d’investissements pour les bienfaits spécifiques qu’ils apportent. L’intérêt pour l’investissement d’impact s’est fortement accru ces dernières années. Selon le Global Impact Investing Network (GIIN), ce marché à lui seul pèse aujourd’hui plus de 700 milliards de dollars.

Carte de l’impact des investissements

Pays présentant le pourcentage le plus élevé de femmes souhaitant que leurs investissements aient un impact positif

Impact Climatique
Impact Social
45% Canada
49% Etats-Unis
32% Brésil
36% Pays nordiques
31% Allemagne
45% Royaume-Uni
59% Inde
40% Chine
39% Hong Kong
28% Japon
44% Australie
34% Singapour
36% France
32% Espagne
41% Suisse
31% Italie
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46% Canada
50% Etats-Unis
32% Brésil
36% Pays nordiques
32% Allemagne
43% Royaume-Uni
66% Inde
35% Chine
38% Hong Kong
34% Japon
51% Australie
33% Singapour
32% France
28% Espagne
33% Suisse
26% Italie
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Les jeunes femmes s’efforcent de combiner rendement et raison d’être

  • <30 ans
  • 30-40 ans
  • +50 ans

Lorsqu’il s’agit de combiner rendement et raison d’être, les jeunes femmes montrent la voie. Parmi les femmes qui investissent actuellement, 71% des femmes de moins de 30 ans et 70% des femmes entre 30 et 40 ans privilégient des entreprises qui soutiennent leurs valeurs, contre 53% pour les femmes de plus de 50 ans. Toujours parmi les femmes qui investissent déjà, 69% des femmes de moins de 30 ans et 61% de celles qui ont entre 30 et 40 ans disent choisir leurs investissements actuels en fonction de leur impact sur les questions sociales ou environnementales, contre seulement 35% des femmes de plus de 50 ans.

Les femmes jeunes considèrent que leur argent est un excellent moyen de rendre service à la société. Il apparaît que les jeunes investisseurs gagnent en confiance pour ce qui concerne le marché boursier, qu’ils réussissent à maîtriser le jargon du secteur et à comprendre comment leur argent peut s’accroître tout en ayant un impact positif sur le monde qui les entoure.

Iona Bain
Experte financière britannique, journaliste, podcasteuse et autrice de « Own It! How Our Generation Can Invest Our Way to a Better Future »

Le profil des investisseurs évolue, ce qui se traduit par une modification des objectifs et des valeurs. Nos données montrent que les hommes plutôt âgés – traditionnellement les investisseurs « typiques » ciblés par le secteur – sont moins enclins à investir pour un impact positif et à aligner leurs investissements sur leurs valeurs. Alors que 69% des jeunes femmes (âgées de 18 à 30 ans) qui investissent déjà sélectionnent leurs placements en fonction de leur impact, ce n’est le cas que d’un tiers (33%) des hommes plutôt âgés (plus de 50 ans). Enfin, plus de sept femmes sur dix de moins de 30 ans (71%) privilégient les entreprises qui soutiennent leurs valeurs personnelles, contre 54% des hommes de plus de 50 ans.

Comparaison entre les femmes de 18-30 ans et les hommes de +50 ans

« Il est essentiel pour moi de choisir des investissements qui… »

40%
34%
43%
30%
39%
29%
41%
30%
39%
25%
36%
27%
35%
25%
37%
25%
31%
22%
Hommes de plus de 50 ans
Femmes de 18 à 30 ans

Pour rendre l’investissement plus accessible aux femmes, il ne suffit pas de s’assurer qu’elles disposent de la bonne technologie; il faut fournir à chacun et chacune, de manière inclusive, les connaissances, les compétences et la motivation nécessaires pour se lancer dans l’investissement. Cela nécessite un changement culturel important au sein du secteur, non seulement dans la manière dont les produits sont développés et commercialisés, mais aussi en termes de diversité au sein du secteur lui-même.

Nous avons demandé à des sociétés de gestion – représentant près de 60 000 milliards de dollars d’actifs – de lister les principaux défis à relever pour que l’investissement tienne compte de la dimension de genre, et de nous faire part de leurs réflexions sur les évolutions du secteur.

Si les femmes sentent qu’elles ne peuvent pas faire partie du système, cela pose problème tant pour le système que pour les femmes elles-mêmes.

Iona Bain
Experte financière britannique, journaliste, podcasteuse et autrice de « Own It! How Our Generation Can Invest Our Way to a Better Future »

Un secteur pensé pour les hommes

Actuellement, près de neuf gestionnaires d’actifs sur dix (86%) admettent que leur client par défaut est un homme, et les trois quarts d’entre eux (73%) déclarent que les produits d’investissement de leur organisation sont essentiellement destinés à des investisseurs masculins, suggérant qu’ils se concentrent sur les avantages et les caractéristiques qui attirent généralement les hommes plutôt que les femmes. Par conséquent, les investisseurs féminins potentiels sont confrontés à un langage, un imaginaire et des messages principalement destinés à une clientèle masculine. Cela inclut souvent l’utilisation de métaphores évoquant un risque élevé, lié par exemple aux sports extrêmes, et le recours aux concepts de haute performance et d’accomplissement pour illustrer le succès de l’investissement.
86 %
  • Des gestionnaires d’actifs admettent que leur client par défaut est un homme.

Les idées de performance et d’enrichissement ont été fusionnées d’une manière qui n’est pas forcément saine. De nos jours, investir a davantage trait à la performance, à la ludification, à la réussite ou aux résultats, et moins à la création de richesse à long terme.

Stefanie O’Connell
Experte des questions d’argent de la génération Y américaine et autrice de « The Broke and Beautiful Life »

Il existe également une tendance à utiliser un jargon financier et un langage d’investissement excessivement complexe, afin de donner l’impression que le client investisseur appartient à un club très fermé. Ce type de marketing s’avère particulièrement rebutant pour les femmes : près d’un tiers (31%) des clientes ont déclaré qu’un langage trop compliqué [peu clair ou déroutant] les dissuadait d’investir, ou d’investir davantage.

Le langage utilisé est assez technique et jargonnant, comme le concept de risque, alors que le terme même de « risque » est incorrect, puisqu’il s’agit non pas de risque, mais d’incertitude. Le risque, c’est quand on fait une sottise. Et cela dissuade les femmes, quel que soit leur âge.

Holly Mackay
Experte financière britannique, fondatrice et directrice générale de “Boring Money”

Inciter les femmes à investir ne se fera pas avec des artifices dépassés et ne nécessite pas, par exemple, de renforcer l’utilisation de la couleur rose – il s’agit plutôt d’établir une connexion en comprenant ce qui motive les femmes à investir et quelles sont leurs préférences en matière de communication.

Accroître le volume des investissements réalisés par les femmes nécessitera donc de repenser le langage de l’investissement : 37% d’entre elles ont déclaré que si le langage de l’investissement était aisément compréhensible, cela les inciterait à investir, ou à investir davantage qu’elles ne le font actuellement. Cependant, il convient avant tout de retenir que le langage qui décrit les produits financiers devrait non seulement être plus simple et éviter le jargon, mais aussi être plus clairement aligné sur les objectifs à long terme et les valeurs des femmes.

Alors que les progrès des soins de santé incitent les femmes d’aujourd’hui à planifier ce qui pourrait être une vie de 100 ans, celles-ci souhaitent investir en pensant à leur prospérité financière à long terme, à leur indépendance et à l’impact que leurs investissements peuvent avoir. Des produits conçus pour répondre à ces besoins et à ces intérêts, présentés clairement dans un langage simple, devraient dès lors contribuer à accroître les investissements des femmes.

37 %
  • Des femmes ont déclaré que si le langage de l’investissement était plus simple à comprendre, cela les inciterait à investir

« Nous avons la possibilité de susciter l’intérêt des femmes sans leur dire ce qu’elles doivent changer dans leur manière de procéder. Généralement, la communication s’adressant aux femmes consiste à leur dire “vous devez faire cela”. Or, ce n'est pas un moyen constructif de provoquer un changement de comportement, notamment parce que les raisons pour lesquelles les femmes ne se lancent pas sont légion, et que cette approche n’en tient aucunement compte.

Stefanie O’Connell
Experte américaine des questions d’argents de la génération Y et autrice de « The Broke and Beautiful Life »
73 %
  • Asset managers believe the investment industry would be able to attract more women to invest if the industry had more female fund managers

Bâtir un secteur de l’investissement inclusif

Favoriser l’investissement inclusif impliquera nécessairement de mettre sur pied un secteur de l’investissement plus divers et plus ouvert. Malgré des progrès indéniables, la gestion d’actifs reste un secteur dominé par les hommes, au sein duquel les postes de gérant ou d’analyste sont rarement occupés par des femmes. La moitié des gestionnaires d’actifs ayant participé à notre étude ont déclaré que seulement 10% ou moins des gérants ou analystes de leur organisation étaient des femmes. Cette situation, qui explique en partie les difficultés rencontrées par le secteur pour comprendre et fidéliser la clientèle féminine, affecte la propension des femmes à confier leur argent à des institutions dont les femmes sont apparemment absentes. Attirer davantage de talents féminins dans le secteur renforcerait l’innovation en termes de produits et encouragerait un plus grand nombre de femmes à investir. Près des trois quarts des gestionnaires d’actifs (73%) estiment que le secteur inciterait davantage de femmes à investir s’il comptait plus de gérantes parmi ses effectifs. L’impact serait probablement maximal sur les jeunes générations, au début de leur parcours d’investissement. Trois femmes sur dix (29%) de moins de 30 ans et investissant déjà ont déclaré que le fait d’avoir une conseillère financière les inciterait à investir davantage, contre 16% pour les femmes de plus de 50 ans. Cela signifie peut-être que les clientes de plus de 50 ans ont fini par se résigner à la nature masculine du secteur. En outre, la promotion d’un vivier de talents diversifié devra commencer tôt, en proposant des modèles de référence variés aux enfants et aux étudiants pendant leurs années de formation. L’accent mis sur l’investissement inclusif permettrait ainsi de combler l’inégalité hommes-femmes en matière d’investissement, tout en attirant davantage de femmes dans la profession.

« Un meilleur équilibre entre hommes et femmes dans le secteur encouragerait une plus grande diversité de personnes à investir et améliorerait l’innovation et l’accessibilité. Il est également nécessaire que d’autres femmes qui investissent ou travaillent dans le domaine de l’investissement parlent de leur parcours. Il s’agit de trouver des personnes servant de modèles sociaux et prêtes à sensibiliser les autres, de créer des produits d’investissement non conventionnels et d’abaisser les barrières à l’entrée pour tous. »

Cheryl Chong
Experte financière de l’Asie-Pacifique, cofondatrice de « The Social Co. » et conseillère dans le secteur associatif à but non lucratif
73 %
  • Des gestionnaires d’actifs estiment que le secteur inciterait davantage de femmes à investir s’il comptait plus de gérantes parmi ses effectifs.

Si des femmes occupaient des postes haut placés dans ces organisations, la culture et le langage qui structurent le secteur évolueraient inévitablement et seraient davantage alignés sur ce groupe cible que constituent les femmes. Cela réglerait un grand nombre des problèmes qui dissuadent aujourd'hui les femmes d’investir.

Stefanie O’Connell
Experte des questions d’argent de la génération Y américaine et autrice de « The Broke and Beautiful Life »
Nous devons saisir cette opportunité d’attirer davantage de femmes dans le secteur et, bien entendu, de fidéliser et de promouvoir celles qui en font déjà partie. À cet égard, il est encourageant de constater que de plus en plus de femmes envisagent une carrière dans l’investissement : si 72% des femmes de plus de 50 ans « n’envisagent pas et n’ont jamais envisagé » ce type de carrière, ce chiffre chute respectivement à 47% pour les femmes en milieu de carrière et à 45% pour les jeunes femmes.

Nous devons saisir cette opportunité d’attirer davantage de femmes dans le secteur et, bien entendu, de fidéliser et de promouvoir celles qui en font déjà partie. À cet égard, il est encourageant de constater que de plus en plus de femmes envisagent une carrière dans l’investissement : si 72% des femmes de plus de 50 ans « n’envisagent pas et n’ont jamais envisagé » ce type de carrière, ce chiffre chute respectivement à 47% pour les femmes en milieu de carrière et à 45% pour les jeunes femmes.

Si des femmes occupaient des postes haut placés dans ces organisations, la culture et le langage qui structurent le secteur évolueraient inévitablement et seraient davantage alignés sur ce groupe cible que constituent les femmes. Cela réglerait un grand nombre des problèmes qui dissuadent aujourd'hui les femmes d’investir

Stefanie O’Connell
Experte des questions d’argent de la génération Y américaine et autrice de « The Broke and Beautiful Life »

Ce que veulent les femmes :
investir dans leur indépendance

Comme nous l’avons évoqué précédemment, les femmes accordent de l’importance à l’investissement responsable et aux placements qui répondent à leurs valeurs personnelles. Elles sont également motivées à investir pour tout un ensemble d’autres considérations, et avant tout pour assurer leur indépendance financière. Par conséquent, le secteur de l’investissement dispose d’une occasion unique d’attirer les femmes en leur délivrant un message orienté sur cet aspect.

Presque deux tiers des femmes (63%) estiment qu’il est important que les femmes soient plus nombreuses à investir pour subvenir à leurs besoins lors de la retraite, et six femmes sur dix jugent qu’il est important que les femmes soient plus nombreuses à investir pour accroître leur indépendance financière. Elles sont huit sur dix à être de cet avis en Inde (80%) et aux États-Unis (79%). Par le passé, le secteur proposait aux femmes des produits de gestion de patrimoine ciblant la constitution d’une réserve financière pour leur famille, mais aujourd’hui, il apparaît qu’investir dans leur indépendance est plus important que soutenir les personnes à charge. Les motivations concernant la retraite et l’indépendance sont donc considérées comme étant encore plus importantes que la constitution d’un héritage financier pour leur famille, par exemple (une question jugée comme importante par 57% des femmes).

Il nous incombe à nous – le secteur de l’investissement – de montrer la voie du changement en éduquant les femmes, en les inspirant et en les incluant en plus grand nombre dans toutes nos actions. Le stéréotype traditionnel de l’investisseur, à savoir un homme riche d’un certain âge, est dépassé et doit être mis au placard. Les jeunes femmes s’intéressent également à l’investissement, mais on doit leur donner les capacités d’investir. Le visage de l’investissement est en train de changer et le secteur doit également se transformer.

Pour donner aux femmes les moyens d’investir, on pourrait faire venir le monde de l’investissement à elles, en leur apportant les connaissances et les compétences nécessaires et en réorientant notre message de manière à susciter des conversations au sein et en dehors du secteur qui font écho à leurs motivations, qu’elles soient financières ou sociétales.

L’investissement responsable permet aux femmes de défendre des causes qui leur tiennent à cœur en dédiant directement leurs capitaux à la réalisation d’objectifs sociaux et environnementaux. Renforcer ce type de message et insister sur les bénéfices au sens large de l’investissement devraient contribuer à attirer davantage de femmes. Accroître la diversité au sein du secteur favoriserait également une plus grande participation des femmes et, en bout de chaîne, augmenterait également leur investissement, mais, pour qu’un changement significatif puisse avoir lieu dans l’industrie, femmes et hommes devront contribuer à sa transformation. En travaillant main dans la main, nous pourrons rendre l’investissement plus inclusif, pour l’intérêt de tous et de toutes.

BNY Mellon Investment Management : Les actes sont plus éloquents que tous les discours

Faisant partie d’une entreprise qui touche à toutes les étapes du cycle d’investissement, nous pensons être bien placés pour faire la différence. Nous pouvons provoquer des changements au niveau local en suscitant un engagement précoce sur les questions d’argent grâce à notre partenariat avec le groupe international Inspiring Girls. Nous pouvons examiner comment inciter les quelque 20 000 femmes de notre propre organisation à participer et à investir davantage. Nous examinerons notre approche et la manière dont nous pouvons mieux nous engager auprès des femmes et travailler avec les intermédiaires et l’ensemble du secteur pour faire la différence et fixer des objectifs clairs pour mesurer les progrès accomplis.

Il faut agir sans attendre. Le secteur de l’investissement doit être plus inclusif, trouver une meilleure façon d’impliquer les femmes, rendre l’investissement plus accessible et gommer les disparités hommes/femmes dans ce domaine. Parce que l’investissement au féminin bénéficiera à tous : la société, le secteur de l’investissement et la planète. #AllStreet

Télécharger l’étude

Vers l’investissement inclusif

Pourquoi l’investissement des femmes est important

Crédits

BNY Mellon Investment Management : Vers l’investissement inclusif repose sur des analyses approfondies commandées par BNY Mellon Investment Management et préparées par BNY Mellon Investment Management et Man Bites Dog. Man Bites Dog et Coleman Parkes ont également participé à la recherche. Cerulli a contribué en fournissant des données sur le marché de l’investissement de détail.
Man Bites Dog Man Bites Dog est une société de conseil primée promouvant un leadership éclairé située à Brighton, au Royaume-Uni, et spécialisée dans la création de contenus, de campagnes et de stratégies de communication parlant de façon captivante de ses clients. Coleman Parkes Coleman Parkes est une entreprise internationale spécialisée dans la recherche B2B pouvant se targuer d’une expérience inestimable dans tous les secteurs et marchés. Coleman Parkes Research se conforme aux réglementations définies par le Code de conduite de la Market Research Society (2010) basée sur les principes de l’organisation ESOMAR. Cerulli Associates Depuis près de 30 ans, Cerulli est à l’avant-garde du secteur des services financiers. Le cabinet exploite toute une gamme de données pour fournir des études de marché d’envergure mondiale et innovantes.

Glossaire – termes clés

Épargne : L’épargne consiste à placer son argent dans des produits monétaires, comme un compte épargne auprès d’une banque ou d’un établissement financier. Par rapport à l’investissement, l’épargne donne généralement un rendement inférieur (en d’autres termes, l’argent ne s’accroît pas beaucoup), mais elle n’est assortie de quasiment aucun risque, ce qui veut dire que le risque de perdre son argent est très faible.

Investissement : L’investissement implique de sélectionner des actifs particuliers dans l’attente qu’ils produisent un rendement supérieur. Il s’agit également de mettre de l’argent de côté pour demain, mais dans l’attente qu’il produise un rendement supérieur (en d’autres termes, que l’argent voit sa valeur s’accroître) contre un risque plus élevé (le risque de perdre son argent est plus grand). L’argent est habituellement investi dans des actions, des fonds ou des obligations, où l’on peut obtenir plus ou moins que ce que l’on a initialement investi.

Investissement d’impact : L’investissement d’impact est une stratégie d’investissement qui vise à générer des effets sociaux ou environnementaux bénéfiques spécifiques en plus des gains financiers. Les investissements d’impact peuvent prendre la forme de nombreuses classes d’actifs et peuvent donner lieu à de nombreux résultats spécifiques. L’objectif de l’investissement à impact est d’utiliser l’argent et le capital d’investissement pour obtenir des résultats sociaux positifs.

Propriété active : La propriété active est l’utilisation des droits et de la position de la propriété pour influencer les activités ou le comportement des entreprises bénéficiaires de l’investissement.

Inflation : L’inflation est la baisse du pouvoir d’achat d’une monnaie donnée au fil du temps. Une estimation quantitative du taux auquel la baisse du pouvoir d’achat se produit peut être reflétée dans l’augmentation du niveau moyen des prix d’un panier de biens et de services sélectionnés dans une économie sur une certaine période de temps. La hausse du niveau général des prix, souvent exprimée en pourcentage, signifie qu’une unité monétaire s’achète effectivement moins qu’au cours des périodes précédentes.

Critères ESG (environnementaux, sociaux et de gouvernance) : Un ensemble de normes pour les opérations d’une entreprise que les investisseurs socialement conscients utilisent pour filtrer les investissements potentiels.

Références

  1. L’étude a porté sur les 16 marchés suivants : Allemagne, Australie, Brésil, Canada, Chine, Espagne, France, Hong-Kong, Inde, Italie, Japon, pays nordiques (Danemark, Finlande, Norvège et Suède), Royaume-Uni, Singapour, Suisse et États-Unis [note de bas de page : 6]. Au 2ème trimestre 2020.
  2. A la fin du 2ème trimestre 2021. Toutes les données libellées en dollar dans l’étude le sont en dollars américains.
  3. Ce calcul a été effectué en utilisant les données de l’étude sur les volumes moyens d’investissements détenus par les hommes et les femmes pour trouver la différence. Nous avons ensuite utilisé les données de Cerulli pour calculer la taille du marché des investissements de détail dans chacune des zones géographiques de l’étude et nous avons appliqué la différence entre les volumes d’investissement des hommes et des femmes à ce chiffre pour montrer combien d’investissements supplémentaires seraient disponibles si les volumes d’investissement des femmes correspondaient à ceux des hommes. Cela suppose que le nombre d’investisseurs masculins et féminins est le même. Comme il y a généralement plus d’investisseurs masculins que de femmes, on pourrait supposer que le montant à gagner est encore plus élevé que celui indiqué, c’est-à-dire “au moins” 3,22 billions de dollars.
  4. Notre recherche a également fourni des données sur la part des investissements réalisés par les hommes et les femmes qui sont responsables – c’est-à-dire des investissements qualifiés en fonction de leur impact positif sur la société et la planète ou au moins de leur absence d’impact négatif. La part moyenne des investissements féminins responsables a ensuite été appliquée à la hausse globale des volumes d’investissement pour révéler le pourcentage de ces investissements que l’on peut considérer comme res
  5. Exact sur l’exercice financier 2021-2022.
  6. Exact sur la base du taux de change pound-dollar au 25 octobre 2021.
  7. DQYDJ S&P 500 Periodic Reinvestment Calculator https://dqydj.com/sp-500-periodic-reinvestment-calculator-dividends
  8. Au 2ème trimestre 2021.

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Ceci ne constitue pas de la recherche d’investissement ou une recommendation de recherche au sens réglementaire.

ID: 813150. Expire le 31/12/2022