Une nouvelle course à l’espace nous réserve-t-elle de futures opportunités d’investissement ?

Share on facebook
Share on linkedin
Share on twitter
Share on google
Share on print
Share on email

Alors que l’année 2019 marque le 50e anniversaire du premier alunissage, une nouvelle course à l’espace ambitieuse se profile. Paul Flood, gérant de portefeuille de Newton, examine ci-après les enseignements tirés des programmes spatiaux précédents, l’évolution de l’exploration spatiale et les investissements envisageables pour l’avenir.

Après des siècles de spéculation concernant la vie sur Mars, peut-on imaginer qu’un jour une colonie humaine s’établira sur la planète rouge ? Pour Elon Musk, fondateur des entreprises Spacex et Tesla, un tel événement serait souhaitable, voire essentiel à long terme. Il a en effet déclaré qu’un avant-poste humain sur Mars pourrait représenter le seul espoir de l’humanité en cas de troisième guerre mondiale.1

Si ce point de vue peut sembler extravagant, les améliorations technologiques et le regain d’intérêt récent pour les voyages spatiaux ont incontestablement renforcé le sentiment d’urgence et les ambitions des programmes spatiaux concurrents à travers le monde.

La course à l’espace est née dans le contexte de l’affrontement politique et idéologique entre les États-Unis et l’ancienne Union soviétique, les deux pays rivalisant afin d’asseoir leur suprématie et leur maîtrise des explorations interplanétaires. À peine un demi-siècle plus tard, les technologies autrefois révolutionnaires des programmes spatiaux Spoutnik et Apollo ont cédé la place à des systèmes de fusées et de satellites beaucoup plus puissants. Selon la NASA, certains smartphones actuels dotés de 16 gigaoctets de mémoire ont une capacité environ 240 000 fois plus importante que les sondes spatiales américaines Voyager2 lancées à la fin des années 1970.

Alors qu’autrefois la NASA et les programmes spatiaux soviétiques s’affrontaient pour la suprématie, ce sont désormais des chefs d’entreprise ambitieux tels qu’Elon Musk, le milliardaire Jeff Bezos (fondateur d’Amazon) et le Britannique Sir Richard Branson qui mènent la course spatiale, alimentant les rêves de tourisme intergalactique, de bases lunaires et de colonisation d’autres planètes.
On observe toutefois des signes croissants de renouveau du soutien public aux initiatives spatiales. Aux États-Unis, l’administration Trump a annoncé un nouvel objectif au mois de mars : le retour des Américains sur la lune d’ici 2024. Le vice-président américain, Mike Pence, a précisé que l’Amérique était de retour « dans la course spatiale.3

D’autres nations rejoignent le mouvement. Si la Russie s’intéresse depuis longtemps au développement de satellites et à l’exploration spatiale, le Japon, la Chine et l’Inde consacrent également des moyens conséquents à leurs propres programmes spatiaux.

Au mois de mars, le Premier ministre indien Narendra Modi s’est félicité de voir son pays émerger comme une nouvelle « puissance spatiale » après que des scientifiques indiens eurent détruit l’un de leurs satellites au cours d’un essai contrôlé4. Le groupe israélien SpaceIL a, de son côté, récemment lancé le premier atterrisseur lunaire privé5, tandis que même le minuscule Grand-Duché de Luxembourg dispose désormais de sa propre agence spatiale.

Course à l’espace
Paul Flood, gérant de portefeuille de Newton, commente ainsi l’avènement d’une nouvelle course à l’espace : « Le progrès technologique a suscité un regain de l’intérêt pour les voyages spatiaux. Alors que l’année 2019 marque le 50e anniversaire du premier alunissage, une génération d’entrepreneurs et d’investisseurs enthousiastes s’est lancée dans une nouvelle course à l’espace. Ses acteurs participent au développement du secteur, dans lequel des pays comme l’Inde et la Chine sont désormais fortement impliqués.

Quoique dans une perspective très éloignée, les améliorations en matière de technologie et d’innovation, l’avènement des fusées réutilisables et la baisse des coûts technologiques promettent des avancées dans le secteur du voyage dans l’espace et pourraient favoriser des investissements supplémentaires dans des domaines tels que le tourisme spatial, voire, à plus long terme, l’exploitation de réserves minérales précieuses sur des astéroïdes ou d’autres planètes. »

Paul Flood admet que toute opportunité d’investissement dans l’espace exige un engagement à long terme. Cependant, de même que le chauffage par micro-ondes a mis du temps avant d’être adopté par le grand public, les technologies mises au point aujourd’hui pour l’exploration et les voyages spatiaux sont susceptibles, selon lui, de trouver des applications plus larges à l’avenir, alors que leur développement devrait doper la demande de semiconducteurs et autres composants essentiels.

Paul Flood souligne également l’importance de développer de nouveaux matériaux légers capables de résister à la chaleur et aux rigueurs de l’espace, dans un environnement où plus un vaisseau spatial est lourd, plus le voyage s’avère coûteux. La NASA n’est pas la seule organisation explorant actuellement la conception de métaux extrêmement légers et résistants ainsi que la technologie des nanotubes6 en vue de réduire le poids des engins spatiaux et d’abaisser les coûts.

La baisse des coûts de lancement ouvre de nouvelles opportunités de missions lancées par des fusées

LEO = Dollars par kg en OTB (Orbite terrestre basse)

Au-delà des missions spatiales, une application plus prosaïque des voyages dans l’espace pourrait consister à exploiter la technologie des fusées pour accélérer les vols long-courriers à travers le monde grâce à des engins spatiaux. Selon Elon Musk, les nouvelles technologies des fusées pourraient, à l’avenir, permettre aux engins spatiaux de transporter des passagers en tout point de la Terre en moins de 60 minutes, pour le prix d’un billet d’avion classique7.

Paul Flood commente ainsi les progrès récents de la technologie spatiale et les innovations à venir : « Investir dans les entreprises qui conçoivent des fusées est un acte hautement spéculatif. En revanche, dans le reste de la chaîne logistique, toute réduction du poids de ces engins pourrait permettre d’importantes économies de carburant.

Concernant la conception, les techniques d’impression 3D semblent parfaitement adaptées au développement de nouvelles structures, qui réduiraient le poids et le nombre de matériaux tout en assurant le maintien de leur solidité structurelle. Tous ces éléments peuvent donc générer à l’avenir des opportunités d’investissement prometteuses dans ce secteur, ainsi que dans d’autres domaines liés à l’espace. »

Paul Flood se montre plus sceptique quant aux perspectives d’établissement de colonies humaines sur d’autres planètes, notamment en raison des énormes distances et des obstacles naturels, même s’il comprend les préoccupations très humaines justifiant de telles ambitions. Cependant, alors que certains analystes envisagent une industrie spatiale pesant 805 mds USD en 20308, il estime que les progrès scientifiques actuels devraient rendre les voyages spatiaux plus faciles et moins coûteux à l’avenir.

À propos des prévisions actuelles concernant les voyages spatiaux et l’exploration interplanétaire, il déclare : « Les arguments malthusiens expliquant que la Terre est surpeuplée, que ses habitants sont trop nombreux ou que la nourriture est insuffisante ne manquent pas.

L’ingéniosité, la curiosité et l’imagination humaines stimulant l’innovation, qui sait quels progrès peuvent être réalisés dans ce domaine ? Supposer que certaines idées originales et innovations entrepreneuriales observées dans ce domaine pourraient se traduire par d’énormes progrès technologiques à l’avenir ne semble pas déraisonnable. »

La dernière frontière : des opportunités d’investissement potentielles pour l’avenir

1 The Guardian. Elon Musk : nous devons coloniser Mars pour préserver notre espèce en cas de troisième guerre mondiale. 11 mars 2018.

2 Rapport sur les missions de la NASA. 2019.

3 Reuters. L’administration Trump appelle au retour des Américains sur la lune d’ici 2024

4 Reuters. Modi proclame l’Inde « puissance spatiale militaire » après un essai de missile antisatellite. 27 mars 2019

5 New Scientist. Tous dans l’espace. 2 mars 2019

6 Source : site Internet de la NASA, 2019

7 CNBC. Elon Musk révèle son projet d’envoyer des passagers en tout point de la Terre en moins de 60 minutes… 29 septembre 2017.

8 IBS/CNBC. Selon les prévisions d’UBS, les voyages ultrarapides dans l’espace extra-atmosphérique pourraient représenter un marché de 20 mds USD, facteur de disruption pour les compagnies aériennes. 18 mars 2019.

INV01628. 

Articles complémentaires