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Le rallye des « illusions » rend les défensives attractives

Selon Nick Clay, gérant du BNY Mellon Global Equity Income Fund, les actions défensives offrent à nouveau de la valeur, après une forte hausse des cycliques au cours des six derniers mois.

Dans le sillage du vote sur le Brexit, « tout le monde s’est rué sur les défensives », explique Nick Clay. À l’époque, il n’a pas été en mesure d’acheter ces titres car leur rendement du dividende, suite à une hausse importante du cours de l’action, n’était pas suffisamment élevé.

La discipline de rendement du fonds implique que chaque position offre un rendement supérieur d’au moins 25% à celui de l’indice FTSE World au moment de l’achat. Toute position dont le rendement estimé chute en dessous de ce niveau est cédée.

À cette occasion, l’équipe a effectué une prise de profits sur les défensives dont le rendement était devenu insuffisant (Wolters Kluwer et Johnson & Johnson, par exemple), et les a remplacées par des valeurs cycliques suivies de près depuis un certain temps.

L’agence de recrutement Adecco, le diffuseur français TF1 et l’entreprise de logistique Keuhne & Nagel ont alors été intégrés au portefeuille. Cependant, depuis la correction du marché au milieu de l’année 2016, les valeurs cycliques ont été propulsées à la hausse.

« Les valorisations indiquent que les cycliques sont désormais trop chères, aucune d’entre elles n’offrant un rendement satisfaisant. Parallèlement, les défensives sont de retour au sein de notre univers de titres éligibles ; nous augmentons donc nos positions sur ces valeurs. »

L’expérimentation Trump

Selon Nick Clay, la solide performance actuelle des actions présente des similitudes avec le sentiment des investisseurs à la suite de la troisième vague d’assouplissement quantitatif (QE-3), annoncée par la Fed en septembre 2012.

« Le marché a enregistré une très forte hausse l’année suivante, portée par les cycliques et de grands espoirs, avant d’abandonner progressivement ces illusions au cours des deux années suivantes. Dans la situation actuelle, que je nomme « l’Expérimentation Trump » (ET), c’est justement l’espoir qui nous guide, tout comme au moment de l’expérimentation de l’assouplissement quantitatif (QE). »

Nick Clay se montre prudent sur les « Trumponomics » : « le marché anticipe une croissance de l’emploi, une réforme de la fiscalité des entreprises, des dépenses d’infrastructure, ainsi qu’une inflation et des taux d’intérêt compris entre 3% et 4%. Ces éléments sont actuellement intégrés dans les prix des actions. Mais la contextualisation des discours et des actes du président Trump fait apparaître de nombreuses incohérences. »

Le gérant estime que le montant des dépenses d’infrastructures envisagées (1 000 mds USD sur dix ans) n’est qu’une goutte d’eau dans l’océan, comparé aux dépenses de la Chine pour la seule année écoulée (1 300 mds USD). Cela représente environ 0,5% du PIB annuel pour l’économie américaine.

En outre, les 90 millions d’emplois promis par le nouveau président semblent peu réalistes : « la population américaine s’élève à 322 millions de personnes, dont 161 millions en activité, 96 millions de non actifs, et 7,5 millions au chômage. Soit le taux de chômage devient négatif (ce qui est absurde), soit la totalité des non actifs acceptent un emploi. Cela étant absolument improbable, il reste la solution de l’immigration… selon nous, la vision de Donald Trump est pleine d’incohérences. »

De l’autre côté du miroir

Nick Clay pense que 2017 pourrait être l’image inversée de l’année en « deux temps » qui a marqué 2016. Il estime que les valeurs défensives et les emprunts d’État sous-performeront au premier semestre, tandis que les valeurs cycliques progresseront fortement. Le second semestre devrait être davantage marqué par la prudence, avec un retour de l’aversion au risque, et les défensives pourraient surperformer tandis qu’on assisterait à une correction sur les cycliques.

« La date du 15 mars est à observer de près, car elle marque la fin de la suspension temporaire du plafond d’endettement aux États-Unis. Le Congrès doit ratifier le prochain niveau d’endettement, ce qu’il avait refusé de faire durant la présidence Obama, conduisant au hiatus actuel. »

Selon le gérant de Newton, cette date sera un moment de vérité, car on saura alors si les Républicains sont prêts à « s’aligner » sur les politiques proposées par Trump qui dérogent au dogme républicain traditionnel.

« Actuellement, les ressorts du marché des actions sont l’irrationalité et l’émotion ; mais tôt ou tard, nous saurons si cet espoir est justifié », conclut Nick Clay.


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