2021 : le casse-tête de la quête de rendement

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Les banques centrales du monde entier sont manifestement déterminées à maintenir les taux d’intérêt à un niveau proche de zéro, ce qui poussera très probablement les investisseurs à explorer de nouveaux recoins de l’univers d’investissement dans leur quête de rendement. Pour Peter Glaser, Responsable du Direct Lending européen chez Alcentra, la dette privée constitue à cet égard une opportunité incontournable.

En sommes-nous déjà là ? En lisant certains titres, on pourrait penser que le monde est prêt pour l’après-Covid. Des vaccins à fort taux de réussite à la hausse des offres d’emploi, la lumière semble au bout du tunnel. Et pourtant, la vérité est que nous ne savons pas comment la pandémie va se développer dans les prochains mois. Une pensée peu optimiste certes, mais qui nous rappelle qu’en matière d’investissement, comme pour tous les autres aspects de la vie, ce que nous savons d’aujourd’hui est notre seule certitude. 

Et qu’en est-il des investisseurs qui recherchent de nouvelles sources de revenus ? Déjà, alors que le coût économique de la pandémie se précise, les gouvernements du monde entier ont ramené les taux d’intérêt à zéro ou à un niveau négatif, posé les bases d’un assouplissement quantitatif et pris des mesures de relance budgétaire. Tout ceci a accru le risque d’une hausse de l’inflation, qui rendrait les rendements réels plus insaisissables encore. 

Dans ce contexte de rendements réels faibles voire négatifs, la question pour les investisseurs est maintenant de savoir comment atteindre leurs objectifs d’investissement. Pour Peter Glaser, ce casse-tête est peut-être plus facile à résoudre qu’il n’y paraît. 

« Pour commencer, je ne pense pas qu’il existe de solution magique pour obtenir du rendement, mais il existe des options. Les investisseurs peuvent être tentés de ratisser plus large, d’explorer de nouveaux recoins de l’univers d’investissement dans leur quête de rendement. Une telle approche nous paraît cela dit trop ésotérique. Nous pensons que dans chaque portefeuille, il y a une place pour les investissements de crédit moins liquides, mais pas nécessairement ‘obscurs‘. » 

« Le moment est peut-être venu d’examiner les opportunités de dette privée qui existent au sein de portefeuilles diversifiés dans des secteurs tels que les soins de santé, certains segments de la consommation, l’immobilier ou les infrastructures, lesquels pourraient tous offrir un flux de revenu stable et une protection contre le risque de baisse », poursuit-il. 

Bien sûr, cette approche suscite quelque réserve, à savoir que la dette privée est moins liquide que les opportunités d’investissement offertes sur les marchés syndiqués. « Peut-être que dans le climat actuel de faible rendement, c’est un compromis acceptable », explique Peter Glaser. « C’est du moins ce que suggèrent les afflux de capitaux enregistrés par la dette privée ces dernières années. » 

Malgré les difficultés économiques provoquées par la pandémie de Covid-19, Peter Glaser reste optimiste. « Ce n’est pas la première fois que nous voyons un événement impromptu perturber le fonctionnement des marchés et des stratégies d’investissement et ce ne sera pas la dernière. Cela représente assurément une évolution à court terme, mais celle-ci impliquera-t-elle un réalignement à plus long terme ? Nous n’en savons rien pour l’instant. » 

Perspectives pour les rendements en 2021

Lale Akoner, stratégiste chez BNY Mellon Investment Management, se veut elle aussi optimiste sur la question de savoir comment le thème du rendement pourrait se déployer pour l’obligataire en 2021. « Le crédit à haut rendement américain a continué d’afficher une performance positive au quatrième trimestre 2020, les spreads se resserrant pour renouer avec les niveaux du début de l’année, tout en restant supérieurs aux niveaux d’avant la crise », explique-t-elle.

« Pour les 12 prochains mois, je table sur une nouvelle hausse dans le crédit à haut rendement, à la faveur d’une accélération de la reprise cyclique aux États-Unis et d’un nouveau resserrement des spreads. »
Lale privilégie toutefois une approche active de la sélection de titres pour éviter le risque de défaut dans les secteurs les plus touchés par la pandémie de Covid-19. « Une option pourrait être de profiter du grand nombre de Fallen Angels qui peuplent désormais ce segment de marché, car ils pourraient offrir aux gérants actifs des opportunités d’investissement supplémentaires », précise-t-elle.

De même, elle entrevoit un potentiel de resserrement des spreads américains investment grade jusqu’aux niveaux pré-crise. « L’investment grade offre toujours un rendement supérieur à celui des emprunts souverains et représente une source de revenu supplémentaire en dehors des actions traditionnelles. À mesure que la reprise économique mondiale se poursuivra en 2021, une exposition accrue aux secteurs cycliques devrait permettre d’obtenir de meilleurs rendements », conclut-elle.

Graphique : spreads du haut rendement et du segment investment grade aux États-Unis
us-high-yield-and-investment-grade-spreads

Données au 18 novembre 2020. Source : Bloomberg.

Information importante :

https://www.bnymellonim.com/outlook/global-disclosure/

GE 201302 Exp 9 June 2021

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